Techniques d'avertissement et de dépistage agricole

Le raisonnement de la lutte contre les maladies et ravageurs des cultures nécessite l'adoption des techniques d'avertissement et de dépistage, afin de prévoir l'infestation et par conséquent définir les seuils économiques et de nuisibilités qui permettront d'adopter la bonne stratégie de lutte et le moment opportun d'intervention.

En ce qui concerne la prévision des différentes maladies, en particulier, cryptogamiques à propagation rapide (Mildiou, botrytis et bactérioses) et à défaut de bulletins d'avertissement agricole départementaux ou régionaux, il est indispensable de disposer d'instruments de mesures des données météorologiques, dont particulièrement un thermo-hygrographe, étant donné que l'humidité et la température constituent les deux principaux paramètres qui interviennent dans les algorithmes de modélisation et l'élaboration d'un avertissement.

Nous présenterons ci-après quelques exemples d'avertissement ou de dépistage qui sont d'utilisation courante.

SOMMAIRE

I. Cas du mildiou de pomme de terre


Ce modèle d'avertissement, donné à titre indicatif, pourrait être expérimenté afin de l'adapter aux autres cultures maraîchères.

Le principe du modèle Guntz-Divoux repose sur l'évaluation du risque de contamination en fonction de la durée de la période d'humidité relative supérieure à 90% et de la température moyenne journalière.

Le premier paramètre, humidité, sert à définir les périodes à risque. Le second, température, permet de situer le moment d'intervention qui doit coïncider, selon le modèle, juste à la fin de la période d'incubation du champignon. Celle-ci a été déterminée par une échelle correspondant au nombre d'unités affecté aux différents niveaux de températures comme indiqué dans le tableau ci-dessus. Quand le nombre d'unités atteint un cumul de 7, la période d'incubation est supposée atteinte.

Température moyenne journalière  (°C)

 Unités

Inférieure à 8

0

 8 à 12

0,75

 12,1 à 16,5

1

16,6 à 20

1,5

20,1 à 30

1

Supérieure à 30

0

II. Cas de l'oïdium sur tomateHaut de page - Magasin bio en ligne


Les périodes à risques, dans le cas d'oïdium, sont une hygrométrie oscillant entre 50 à 70% et une température variant entre 20 et 30°C.

Le moment d'intervention est basé sur le pourcentage de feuilles atteintes et sur le nombre de taches par 100 folioles. Ces deux critères devraient être définis pour les différentes conditions de culture.

Dans le cas d'une culture de tomate de plein champ, une infestation correspondant à 25% de feuilles affectées et de 500 taches par 100 folioles n'a pas d'effets négatifs sur la production et sa qualité.Haut de page - Magasin bio en ligne

III. Cas des mineuses


Le piégeage des mineuses moyennant l'emploi des plaques jaunes engluées, en raison d'une unité par 1000m2, permettrait de piloter l'importance du ravageur. La lutte est déclenchée lorsque le pic des vols est atteint. Celui-ci est déterminer par le comptage des captures hebdomadaires.

Il existe d'autres méthodes de dépistage comme les techniques de l'échantillonnage séquentiel et de la récolte des pupes.

Échantillonnage séquentiel

Cette technique consiste à compter les larves vivantes sur un certain nombre de feuilles et (ou) le dénombrement des mouches piégées.

Récolte des pupes

Comme son nom l'indique, cette technique de surveillances des mineuses se caractérise par la récolte des pupes dans des assiettes déposées sur le sol à la base des plantes.Haut de page - Magasin bio en ligne

IV. Cas des vers de la tomate


Les pièges sexuels constituent un moyen efficace pour évaluer les risques potentiels d'attaques des vers de la tomate et par conséquent, la date d'échantillonnage pour décider de l'éventualité d'une intervention.

Pour une culture de tomate sous serre, les pièges sont installés à l'extérieur des abris à une distance de 10 à 20 mètres.

Pour l'héliothis, l'échantillonnage s'effectue en observant les deux faces des feuilles bien formées et situées entre le bourgeon terminal et les bouquets en cours de floraison et/ou de nouaison.

Pour le chrysodeixis, on se limite en général à la face inférieure des feuilles.

On retient 4 unités d'échantillonnage par 1000m2. Chacune d'elles est composée de 4 plants contigus sur lesquels on choisit 2 à 3 feuilles par plant pour la détection des œufs des ravageurs.

L'échantillonnage s'effectue une fois par semaine et se poursuit pendant toute la période d'activité des adultes relevés par les pièges.

L'intervention est prise après détection des premières pontes. Pour le chrysodeixis, la décision d'intervenir se fait indépendamment de l'échantillon. Elle est prise après l'apparition des premiers dégâts sur les feuilles sous formes de perforations.Haut de page - Magasin bio en ligne

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