Fiche technique de la culture biologique d'amandier

Description et botanique de l'amandier


amande douce prunus amygdalus dulcisNom binominal: Prunus dulcis Syn. Amygdalus communis - Famille botanique: Rosacées - Espèces parentes: rosier, cerisier, pêcher, prunier.

L'amandier est un arbre de taille moyenne, comprise entre 6 et 10 mètres de haut, dont la durée de vie peut atteindre 70 ans. Ses feuilles sont caduques, lancéolées et finement dentées. Ses fleurs, très précoces, sont de couleur blanche ou rose.

Les fruits de l'amandier, qu'on appelle amandes, sont des drupes. Ils apparaissent aussi bien sur des branches d'un an que sur des rameaux de deux à trois ans. Ils sont constitués de trois parties: la chair extérieure (mésocarpe), puis une coque dure qui renferme l'amande proprement dit.

On distingue deux principales variétés d'amande: l'amande douce et amère. Cette dernière est de moins en moins cultivée à cause de sa contenance en substances biochimiques toxiques (acide cyanhydrique, comme l'amygdaline, et l'acide prussique).

Crédit photo © zebulon.walton - flickr.com - Prunus amygdalus var. dulcis (Feuilles et fruits d'amandier)

Culture biologique des amandiers


Climats, exposition & températures:

L'amandier pousse favorablement dans les climats tempérés méditerranéens. C'est une plante, de par sa floraison précoce, qui peut, potentiellement, souffrir des gelées tardives et seuls quelques specimens demeurent, ainsi, fructifères. Elle tolère, en effet, les hivers un peu froid, à condition qu'ils ne soient pas longs. Le gel abîme les bourgeons floraux dès -2°C et les jeunes amandes sont anéanties à partir de 0,5°C.

Néanmoins, l'arbre d'amandier a besoin de 300 à 500 heures de froid hivernal (période de froid), ce qui est relativement court comparé aux autres espèces végétales des climats tempérés.

L'amandier préfère une exposition pleine soleil et, si c'est possible, notamment, pour une culture au jardin, un emplacement un peu abrité. Il s'épanouit quand l'été est chaud et sec, et craint, en revanche, une hygrométrie trop humide.

Sol et nutriments:

À cause de son système racinaire puissant et pivotent, l'amandier apprécie les sols profonds, fertiles et drainés. Même s'il supporte une fourchette de pH assez large (de 5,3 à 8,3), son pH parfait se situe aux alentours de 7,3. Il est possible de cultiver l'amandier dans des terres sablonneuses si les équilibres sont respectés et que les apports en nutriments sont assurément enrichis. Ce qu'il déteste, par-dessus tout, ce sont les terrains lourds, non drainants et détrempés. Soulignons, par ailleurs, que l'hygrométrie trop élevée, particulièrement en période printanière, provoque un abaissement de la fécondité et une surexposition aux infestations cryptogamiques.

Grâce à ses racines profondes, l'amandier ne craint guère la sécheresse. Des apports réguliers, même en petites quantités, de nutriments (compost bien décomposé) permettent de stimuler la croissance végétative, d'augmenter la fructification et d'améliorer les rendements. Parfois, la culture d'amandier peut manifester des carences en potassium, en zinc, en cuivre et en bore.

Ainsi, dans un souci d'améliorer la production des amandes, il est souvent recommandé de songer à un apport azoté et de contrôler les éventuelles carences en bore, zinc et cuivre (Pour connaître le rôle des oligo-éléments Cf. Plantes et oligo-éléments).

Densité de culture:

Comme tous les arbres fruitiers, l'amandier nécessite de l'espace pour s'épanouir. Il est, par conséquent, judicieux de respecter un espacement minimum de 5 x 5 voire 7 x 7. En raison de la complexité de la pollinisation des amandiers, étant donné que la majorité des variétés d'amandier ne sont pas auto-fertiles, il est, fortement, conseillé, de planter au moins un cultivar pollinisateur pour 4 à 5 arbres fructifères. Notons, également, pour les amateurs de la diversification variétale, qu'il est possible d'associer des cultures de pêchers et des amandiers afin d'assurer un croisement et une meilleure pollinisation (ça va dans les deux sens).

Multiplication:

L'amandier peut se propager par semis. Dans ce cas, on souligne qu'il est nécessaire d'observer une phase de stratification froide, longue de 2 à 3 mois, afin de provoquer la germination des amandes. Celles-ci germent, en effet, mieux si elles sont semées en l'absence de leur coque. Les jeunes pousses sont plantées dans des pots, assez grands et profonds, afin d'encourager le développement des racines pivotantes, et le repiquage est effectué, avec délicatesse pour ne pas abîmer le système racinaire, de préférence, au bout d'un an de croissance.

Le greffage des amandiers est pratiqué, surtout, en T ou en écusson. Les porte-greffes employés sont les pêchers, les amandiers amers, les pruniers ou l'abricotier Mariana.

Récolte et conservation des amandes


Cueillette des amandes:

amandes bioLes amandes sont récoltées dès que la coque du fruit prenne une couleur brunâtre. Généralement, on peut remarquer que sa pulpe est plus ou moins ouverte. Les fruits situés au milieu de l'arbre sont les derniers à mûrir.

Productivité:

Les amandiers entament leur cycle de production à partir de la cinquième année (parfois dès la 4ème année). Le pic de productivité est atteint au bout de dix ans de culture quand on peut récolter entre 5 et 10 kg par arbre (ce qui équivaut à 2 à 3 kg d'amandes). Vu que l'arbre d'amandier peut potentiellement vivre environ 80 ans, on peut considérer que les bonnes cueillettes s'éternisent au moins pendant un demi-siècle.

Conservation:

Après la récolte, les amandes seront débarrassées de leur tunique verte (enveloppe ou pulpe) et seront idéalement conservées, dans leurs coques, dans un endroit sec et suffisamment aéré. La coque, protégeant l'amande, de certaines variétés est, relativement, très dure et difficile à enlever. La sélection variétale est, ainsi, réalisée, entre autres, selon la rigidité ou la souplesse des coques. Les variétés dont la coque est souple (s'enlève facilement en moyennant un casse-noix et lé tégument de l'amande s'enlève, aussi, seulement avec les doigts) sont très appréciées par les consommateurs, mais elles sont difficiles à produire à cause de leurs sensibilités aux ravageurs et aux oiseaux.

Travaux d'entretien, maladies et ravageurs de l'arbre


Taille:

L'amandier est taillé en flèche centrale. Le bois de plus de 6 ans est coupé, afin de favoriser la repousse de nouvelles branches fructifères, car il produit de moins en moins. Enfin, une fois n'est pas coutume, il n'est pas intéressant de réaliser une taille d'éclaircissage floral sur l'amandier, pour supplier au phénomène de l'alternance, très courant chez les arbres fruitiers, car les fleurs de l'amandier ne produisent pas toutes des fruits.

Maladies fongiques:

La Afin de réduire les risques des attaques dues aux champignons, comme l'oïdium, il est fortement conseillé de tailler, durant la saison estivale, les vieux bois des amandier. Notons que les infections fongiques, comme le chancre de l'amandier, l'anthracnose de l'amandier, la pourriture brune, la rouille foliaire de l'amandier et la pourriture des coques, sont favorisées par des taux d'humidité élevés (risques majeurs pendant les années très pluvieuses).

Maladies bactériennes:

La galle du collet peut, éventuellement, se manifester sur les arbres conduits dans des sols sablonneux. La solution préventive permettant d'éviter cette infestation est d'opter, depuis l'installation, pour des porte-greffes résistants ou moins sensibles (comme le pêcher).

Ravageurs:

Les insectes qui peuvent potentiellement affectés l'amandier sont le puceron du pêcher, la tenthrède rouleuse des feuilles, Lepidoptera tortricidae, et les cochenilles.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne