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Culture biologique du soja, Glycine max

Le soja, qui a pour nom scientifique Glycine max (L.) Merrill, appartient à la famille des légumineuses dont font partie le haricot et les petits pois entre autres. Originaire du nord-est de la Chine, il fut domestiqué autour du 11ème siècle. De Chine, il fut introduit en Corée et au Japon et a été largement répandu en Asie depuis. Les Européens et les Américains ne l'ont connu qu'aux 17ème et 19ème siècles, respectivement. Au 20ème siècle, le soja connut un développement majeur aux États-Unis où il devint la plus grande source d'huile. De nos jours, les États-Unis se classent premiers au rang des producteurs de soja, suivis du Brésil, de la Chine et de l'Argentine alors que le Japon en est le plus grand consommateur.

Culture et variétés de soja


Jusqu'à tout récemment le soja était cultivé uniquement pour ses grains secs utilisés dans la fabrication d'huile comestible, de tourteaux et d'autres produits dérivés par fermentation. Mais dans les années 80, l'Asian Vegetable Research and Development Centre (AVRDC), sis à Taiwan, initia des travaux de recherche sur un autre type de soja connu comme le soja-légume, et a depuis vulgarisé plusieurs variétés.

Ces variétés, dont les graines sont consommées vertes, produisent des gousses qui sont plus grosses que celles provenant des variétés destinées à la production d'huile. Ces gousses contiennent une à trois graines légèrement sucrées. Les graines sont consommées bouillies comme l'arachide ou en soupe, curry ou fricassée à la manière du petit pois et de la fève.

Composition et valeur nutritive du soja


Alors que la consommation du soja en Chine et en Asie du sud-est remonte à plusieurs siècles déjà, de nos jours d'autres parties du monde ont porté un intérêt croissant à cette culture en raison notamment de sa haute valeur nutritive et d'autres bienfaits. Le soja est, en effet, un légume des plus riches en protéines et contient, en outre, de la matière grasse sans cholestérol. Il est également une bonne source de vitamines et de minéraux.

Il a été démontré, au cours des travaux de recherche au Japon, que les acides linoléique et linolique qu'on trouve dans les acides gras contenus dans le soja, ont la propriété de réduire la quantité de cholestérol qui se dépose sur les parois des vaisseaux sanguins. De plus, le phospholipide lécithine, qui s'y trouve en quantités appréciables, empêche le dépôt même du cholestérol. Le soja aide ainsi au contrôle de l'hypertension (Cf. Propriétés médicinales du soja).

Expérimentation sur le soja-légume


Des essais ont démontré que le soja-légume s'adapte bien aux diverses conditions agro-climatiques et donne des rendements variant de 10 à 18 tonnes par hectare. Des recommandations portant sur les pratiques culturales de ce nouveau légume furent par la suite élaborées, comme indiqué ci-après.

Pratiques culturales


Sol et température: Le soja-légume est une plante avec un port érigé, atteignant une hauteur variant de 30 à 70 cm selon la variété. Il s'adapte à divers types de sol et tolère même des sols acides et marginaux. Il peut donc être cultivé partout. La plantation peut s'étaler sur toute l'année avec toutefois de meilleurs rendements en été.

Densité et fertilisation: La culture se fait dans des sillons espacés de 50 cm à une distance de 5 cm dans la ligne. La fertilisation de base consiste en l'application d'environ 200 kg d'engrais biologiques par hectare. Une fumure organique complémentaire aux taux de 30 kg par hectare sera apportée à la floraison, soit 4 à 5 semaines après la plantation.

Irrigation: Le besoin en eau est primordial aux stades de la plantation et de la floraison aussi bien que pendant le remplissage des gousses. Tout manque d'eau durant cette dernière période entraîne une baisse conséquente du rendement. Contrairement à la majorité d'autres cultures, les grosses averses prolongées n'affectent pas sévèrement la culture du soja-légume.

Cueillette: En été la récolte débute quelque 60 à 65 jours après la mise en terre alors qu'en hiver elle est retardée d'une dizaine de jours. La récolte peut se faire manuellement une fois par semaine en deux à trois reprises.

Contrôle phytosanitaire


En ce qui concerne le contrôle phytosanitaire, on notera que le soja-légume est peu sujet aux attaques de ravageurs, dont les insectes, et de maladies.

La mouche mineuse, Liriomyza spp., est à ce jour le seul ravageur majeur identifié sur la culture du soja-légume. Les femelles de ces diptères font des piqûres de nutrition et de ponte caractérisées par des points blancs localisés sur la feuille. Les larves se développent dans le limbe des feuilles en creusant des galeries et en se nourrissant sur les tissus végétaux. Elles sont ainsi responsables des dégâts importants sur ces tissus. L'attaque se manifeste deux à trois semaines après la mise en terre.

Conclusion


L'écoulement rapide du produit issu des essais sur les stations expérimentales ou en milieu paysan augure bien pour le nouveau légume car il laisse présager qu'il sera accepté par le consommateur local. Au vu des résultats plus que satisfaisants obtenus à ce jour, il est recommandé d'aller de l'avant avec la vulgarisation des variétés les plus performantes, convaincu que le soja-légume serait une contribution valable à l'effort de diversification de l'agriculture. Les bons rendements couplés au peu de soins requis semblent, en effet, garantir sa profitabilité.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne