Mon potager et jardin bio

Les caractéristiques de la production fruitière du jardin ou d'arrière-cour

La production fruitière du jardin ou d'arrière-cour est avant tout une production pour l'autoconsommation (consommation familiale et partage avec les voisins et les proches). Dans certains cas, comme pour le litchi, la mangue et la longane, une production excédentaire à la consommation familiale est régulièrement mise en vente. On trouvera ces fruits dans les foires et les marchés.

Pendant ces dernières années, les jardins et les arrière-cours ont changé rapidement de profil. Les grandes cours d'antan (dans les villes comme dans les villages) étaient souvent des vergers extensifs où poussaient plusieurs unités de diverses espèces fruitières allant de la groseille, le corrosol, le bilimbi et la carambole jusqu'à la bergamote, l'olive, la bibasse, le jamalac, la pêche et la grenade.

Avec l'urbanisation rapide, d'une part, et l'apparition de la mouche des fruits et plusieurs autres parasites, d'autre part, la population et la diversité d'arbres fruitiers d'arrière-cour ont évolué de manière drastique.

Quels arbres planter dans son jardin?


Une considération importante avant de décider quoi planter, c'est de savoir si l'espèce choisie est adaptée à notre région.

Planter un arbre fruitier représente un investissement pour l'avenir, les résultats d'une mise en terre ne s'exprimant qu'après cinq ans ou plus. Effectivement, il faudra prévoir l'envergure de l'arbre au stade adulte et ce qu'on attend de l'arbre. Trop souvent quand on commence à planter l'arbre fruitier, on tend à couvrir tous les espaces libres, voulant ainsi optimiser chaque pouce de terrain. Ceci est à éviter car très vite, les arbres commenceront à être en compétition et aucun n'arrivera à une production optimale, voire raisonnable. Avant de planter il faut donc prendre en considération la taille adulte de l'arbre et en prévoir l'espace. Cependant, l'espace intercalaire peut être mis à profit en y cultivant des légumes, des épices ou des plantes aromatiques, pendant les premières années quand l'arbre fruitier ne l'aura pas encore couvert. D'autre part, si les arbres font parfois fonction d'ombrelle, on ne pourra optimiser le rendement de chaque arbre fruitier. Le tableau suivant indique l'espacement généralement requis pour certaines espèces fruitières:

Espèce fruitière - Espacement (m):

Ate - 5x5.

Avocat - 7x6.

Crambole - 5x4.

Coco - 8x8.

Goyave - 4x4.

Limon - 6x5.

Litchi - 8x8.

Mangue - 8x8.

Orange - 7x5.

Papaye - 3x2.

Pêche - 6x6.

Où planter les arbres fruitiers?


Ensoleillement:

L'ensoleillement contribue à la coloration et l'accumulation des sucres dans les fruits. De plus, tous les arbres fruitiers ont besoin d'un maximum d'ensoleillement pour croître et fructifier. Mais malheureusement, dans les cours et les petits jardins, la contrainte principale est le manque d'ensoleillement. En raison de ce manque d'espace, les arbres fruitiers sont à l'ombre de notre maison ou de celle du voisin pendant une partie de la journée au moins. Ceci explique l'étiolement (élongation démesurée) de beaucoup d'arbres essayant de se faire un chemin pour mieux capter les rayons du soleil. Dans tous les cas, point de soleil, point de fruit! De plus, le manque d'ensoleillement résulte en des branches affaiblies qui offrent souvent une entrée aux parasites (insectes, bactéries et champignons). Un exemple commun dans les arrière-cours est la présence de fumagine (couche poudreuse noire associée aux cochenilles) sur les feuilles de cocotier et d'agrumes.

Le brise-vent:

Autre facteur à considérer est l'effet de la brise. Certaines espèces comme les agrumes, le manguier, le litchi et le bananier sont très sensibles au vent. La brise est responsable de la casse des branches (en particulier chez le litchi) et de la chute des fleurs (manguier et litchi). Il faudra donc placer les arbres vulnérables aux lieux les moins exposés (protégés par la maison ou les murs) ou alors planter un brise-vent (si l'espace le permet). Un brise-vent permettra une plus grande activité chez les insectes pollinisateurs en période de floraison, atténuera les phénomènes de dessèchement des fleurs et des jeunes fruits, et limitera les ruptures des branches et les chutes de fruits.

L'eau:

Dans les cours, généralement, la tendance est à l'excès d'irrigation plutôt qu'au manque. La majorité des espèces qui ont une floraison saisonnière, à l'exemple des agrumes, le manguier et le litchi réagissent à un stress hydrique temporaire avant la floraison. Ainsi, les arroser douze mois sur douze serait néfaste à leur floraison. La floraison sera plus abondante quand l'arbre aura été privé d'eau deux mois avant la période de floraison (avril et mai pour le litchi). Ainsi, il faut éviter d'avoir ces arbres-là où ils auront constamment l'eau, comme près du lavoir ou d'un point d'eau. D'autre part, les arbres fruitiers ont un besoin maximal d'eau pendant la période de floraison et de fructification (il ne faut pas oublier que la majorité de nos fruits contiennent plus de 85% d'eau).

Les espèces qui fleurissent et fructifient tout le long de l'année, comme le papayer et le bananier, ont un besoin d'eau régulier tout le long de l'année. Le moindre stress hydrique serait néfaste au rendement.

Comment planter un arbre fruitier?


Une fois que le site et l'espèce sont finalisés, on procédera à la plantation, une étape très importante chez les fruitiers. Ici, le choix du matériel végétal est d'importance capitale.

Matériel végétal:

La méthode de multiplication par les graines n'est pas une méthode très efficace, surtout pour les litchi, manguier, pêcher, avocatier et agrume. On évitera donc de semer les graines de ces espèces car il n'est pas certain que les plantes engendrées présenteront les mêmes propriétés que leurs arbres mères. Chez les fruitiers on privilégiera la propagation végétative (greffe ou marcotte). Par ces méthodes, on s'assurera que l'arbre planté portera plus tard des fruits conformes à l'arbre mère et fructifiera plus tôt (trois ans) qu'un arbre issu de semis (sept ans ou plus). Le greffage peut aussi amener d'autres avantages tels un enracinement solide, une croissance rapide et une résistance accrue aux maladies.

Chez les arbres rustiques comme le bilimbi ou la roussaille, la méthode de semis est une pratique courante. Pour le papayer, il est toutefois préférable de se procurer de jeunes plantes des pépinières commerciales afin de s'assurer de la pureté variétale. Ces plantes proviennent de semences issues de fleurs ensachées qui préviennent ainsi une pollinisation ouverte. Dans tous les cas, le matériel acheté en pépinière:

a. doit être exempte de maladie et de parasite;

b. ne doit pas montrer de signes de jaunissement et d'étiolement;

c. ne doit pas avoir des racines en "col de cygne" (goose-necked roots);

d. ne doit pas être resté longtemps en pot (pot-bound);

e. ne doit pas être disproportionné par rapport à la taille du pot; et

f. doit en général avoir une seule tige principale qui est droite.

La plantation:

La plantation d'un arbre fruitier se fait généralement avec l'arrivée des grandes pluies durant l'automne pour éviter tout manque d'eau pendant l'établissement de la plante. Toutefois, si la disponibilité d'eau ne pose pas de problème, il est conseillé de planter pendant les premiers mois (octobre et novembre) afin d'assurer un bon développement racinaire avant la période hivernale.

Contrairement aux légumes, les arbres fruitiers ont un développement racinaire important pour leur assurer une bonne assise et une bonne absorption d'eau et d'éléments nutritifs. Afin d'assurer un meilleur développement des racines, latéralement et en profondeur, une bonne préparation du sol sera nécessaire. Celle-ci permettra l'amélioration de la structure du sol et l'accroissement de sa porosité, deux facteurs favorisant le développement racinaire.

La plantation se fait généralement dans des fossés. Les arbres de grande envergure (manguier, litchi, avocatier, pêcher, etc.) requièrent un fossé de 1 m3 alors que pour les fruitiers de taille moins conséquente un fossé de 60 cm x 60 cm suffira. La terre «tuffe» (sub-soil) provenant du fond du fossé doit être enlevée et le fossé comblé avec un mélange préparé avec de la terre arable et du fumier ou du compost (10 à 50 kg). Cent grammes d'un engrais biologique complet y seront incorporés. On y creusera ensuite un trou au milieu du fossé pour recevoir le jeune plant. Le jeune plant sera placé dans une position surélevée de telle manière qu'après tassement naturel de la terre, le collet de l'arbre ne soit pas enterré. Ceci est d'autant plus important pour le point de greffe. Une erreur à éviter: ne laissez pas une partie ou la totalité du sac de polyéthylène (plastique) dans le fossé de plantation.

La terre sera ensuite légèrement tassée au contact des racines et la plante arrosée copieusement (20 à 40 litres d'eau). Pendant la première semaine, la plante sera arrosée tous les jours. Aussitôt la plante bien établie (visible par le flush végétatif), l'arrosage pourra se faire une fois par semaine ou moins dépendant de la pluviosité. Dans tous les cas, un paillage avec des feuilles sèches conserve l'humidité et contrôle les mauvaises herbes.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne

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