Conduite technique de la pastèque bio sous serre

On distingue trois types de culture de pastèque : Culture de plein champ de saison et/ou arrière saison, culture à protection temporaire (petit tunnel et bâche à plat) et culture sous abri-serre.

pastèque fruit citrullus lanatusPlein champ: Pour les cultures de pastèque de plein champ, le semis de culture de saison est échelonné de février à avril assurant une production de juillet-août. Le semis direct des cultures d'arrières saison en plein champ a lieu en juillet avec une production en septembre et octobre.

Petit tunnel: En ce qui concerne la production de la pastèque sous petit tunnel ou ce qu'on appelle vulgairement les cultures semi-forcées de pastèque, on emploie essentiellement les petits tunnels comme moyen de protection temporaire en vue d'avancer le cycle de production. La bâche à plat, un autre moyen de semi-forçage, n'est pas encore assez connue. Les variétés de pastèque utilisées sous petit tunnel sont généralement de calibres moyens à gros, de couleur noire généralisée ou de couleur vert striée. Les dates de plantation de la pastèque sous ces petits tunnels s'échelonnent de décembre à mars selon la situation géographique et les conditions climatiques.

Abri-serre: La culture de pastèque sous serre est palissée lorsqu'elle est cultivée toute seule ou rampante lorsqu'elle est en intercalaire avec une autre culture comme la bananier. Les dates de plantation ont lieu de novembre à décembre pour une production qui débute en mois de mars.

Crédit photo © starr-environmental - flickr.com - Citrullus lanatus (Culture de pastèque conduite en plein-champ)

SOMMAIRE

I. Préparation du sol de la culture de pastèque sous serre


La pastèque la plus précoce est conduite en palissée sous abri-serre. Les semis ont lieu à partir de décembre et les productions prennent place dès le mois d'avril. Il s'agit en majorité de cultivars à petit fruit de 2 à 5 Kg par fruit.

Avant la mise en place de la culture de la pastèque, on doit procéder au nettoyage de la parcelle. Il est préférable d'irriguer avant d'arracher les plants de la campagne précédente pour ne pas laisser de débris qui peuvent être à l'origine d'inoculum ou d'agents pathogènes. Tous ces débris doivent être ramassés et évacués loin de la parcelle (on peut notamment les utiliser pour le compost).

On effectue un labour profond à l'aide d'une charrue à dents, suivi de deux passages croisés de cover crop (déchaumeuse à disques). On procède aussi au passage du rotavator pour bien remuer le sol, le mélanger avec l'engrais de fond et/ou le fumier et pour ameublir le terrain.Haut de page - Magasin bio en ligne

II. Installation du fil de fer de palissage


En fonction du type d'abri-serre, on installera perpendiculairement aux lignes de plantation des fils de fer n° 21 sur des supports métalliques ou en bois. Sur ces fils de fer n° 21, on accroche un fil de fer n° 18 parallèle aux lignes de plantation, et à une hauteur de 2,50 à 3 mètres au dessus du sol. Au cas où ce système est déjà installé, on doit tendre les fils de fer.Haut de page - Magasin bio en ligne

III. Mise en place du système d'irrigation et de paillage


Avant de procéder à l'installation du paillage et de l'irrigation, on confectionne des buttes de 20 à 30 cm de hauteur et 40 à 50 cm de large. Les milieux des buttes sont espacés de 1,50 m (pour les lignes simples), et de l'ordre de 2 m pour les plantations en lignes jumelées.

Sur chacune des ces buttes, on installe, en même temps, manuellement ou mécaniquement par une dérouleuse, une rampe d'irrigation localisée et la paillage biodégradable. Les goutteurs sur une même rampe sont espacés de 0,20 à 0,50 m (selon de débit).

On procède ensuite à une pré-irrigation pendant une dizaine de jours en vue, de préparer un milieu favorable au démarrage de la germination des graines des herbes compétitives (adventices).Haut de page - Magasin bio en ligne

IV. Plantation et densité


Les plantules au stade 2 à 3 feuilles (âgées de 25 jours) issues de la pépinière seront plantées. Juste avant la plantation, on effectue une pré-irrigation afin d'humecter le sol.

À la sortie de la pépinière, les plants de bonnes qualités et de belles vigueurs sont placés dans les trous de plantation en évitant de les couvrir avec de la terre chaude qui risque de les brûler.Haut de page - Magasin bio en ligne

V. Pollinisation


Les conditions climatiques hivernales influent significativement sur les cultures sous abri-serre. Elles engendrent des températures basses et des faibles luminosités. Elles induisent également une féminisation de la plante de pastèque en permettant l'apparition précoces des fleurs femelles.

L'existence de fleurs mâles et fleurs femelles séparées, chez la pastèque, provoque une fécondation croisée. La pollinisation est, de fait, entomophile. Parmi les insectes responsables de cette pollinisation, on distingue essentiellement les abeilles, Apis mellifera. Les bourdons, Bombus terrestris, les fourmis, les thrips et les coccinelles peuvent volontairement contribuer à cette opération. Les abeilles commencent à visiter les fleurs dès leurs ouvertures jusqu'à une heure avancée de la journée. Le nombre de ruche nécessaire à la pollinisation d'un seul hectare peut varier de 2 à 4  ruches selon la densité de plantation et les conditions climatiques.

Les ruches doivent être placées près d'ouverture d'abri-serre afin de s'assurer de l'entrée des abeilles dans l'abri. Les fleurs femelles non fécondées deviennent jaunes et se détachent après quelques jours. On doit impérativement contrôler et surveiller les visites de nos amies abeilles surtout lorsque la serre est située à proximité d'une autre culture dont le nectar est plus savoureux et par conséquent plus attractifs. Lorsque la pollinisation est insuffisante, le fruit de la pastèque immature se déforme et devient impropre à la consommation.

Pour les variétés de pastèque sans pépins, une population adéquate d'abeilles doit être assurée pour réaliser le transfert du pollen des variétés pollinisatrices aux variétés sans pépins. Les variétés pollinisatrices doivent être plantées chaque trois lignes pour assurer le mouvement du pollen par les insectes. Pour un développement normal d'un fruit sans pépins, il faudrait au minimum huit visites d'abeilles à une fleur femelle d'une variété sans pépins.Haut de page - Magasin bio en ligne

VI. Conduite de taille sous abri-serre


Lorsque la plantation est précoce, c'est à dire début décembre, on enlève toutes les ramifications à l'aisselle des feuilles de la tige principale sur une hauteur de 40 cm. Cette technique culturale permet un meilleur démarrage de la plante et une bonne croissance de la tige principale.

On fait ensuite coucher la tige (ou les deux si la culture est conduite sur deux tiges) de la pastèque, jusqu'à déposer le fruit en développement sur le sol. Il faut rappeler qu'au stade de la nouaison, le ou les fruits se trouvaient à une hauteur qui dépasse un mètre. Une fois le fruit déposé sur le sol, son développement démarre et on aura à éliminer les nouvelles fleurs femelles, les fruits noués sur la tige principale ainsi que les fruits déformés.

Afin de favoriser et d'accélérer le développement du fruit déposé sur le sol, on laissera croître la tige jusqu'à une hauteur de 2 mètres et on procède à l'étêtage de son apex.Haut de page - Magasin bio en ligne

VII. Gestion du climat de l'abri-serre


La gestion du climat d'une serre consiste essentiellement à renouveler l'air et sa teneur en gaz carbonique (CO2), ainsi qu'à régulariser la température et l'humidité relative à l'intérieur de l'abri.

L'ouverture de l'abri-serre se fait dès les premières heures de la matinée. Cela permet d'évacuer les humidités nocturnes relativement élevées. La fermeture se fera en début d'après midi lorsque la température de la serre commence à baisser et passent en dessous de 27°C.

Pour une meilleure gestion des conditions climatique à l'intérieur de l'abri-serre, il faut notamment penser, en début de l'installation de la culture, à orienter les lignes de plantation dans la direction des vents dominants. Cette disposition permet d'accroître le nombre de renouvellement horaire. L'aération naturelle des abri-serres est réalisée par les côtés et par le haut. Afin d'optimiser la ventilation, la surface totale des ouvrants sera de 15% de la surface du sol.Haut de page - Magasin bio en ligne

VIII. Palissage et couchage


Les plants de la pastèque, lorsqu'ils atteignent une hauteur de 30 cm environ, seront palissés à l'aide de ficelles dont l'extrémité inférieure est fixé au sol à quelques centimètres du pieds de la plante. L'autre extrémité est suspendue à un support en fil de fer préalablement installé à une hauteur ne dépassant pas 3 m (voir au dessus : Installation du fil de fer de palissage). La ficelle qui descend verticalement sera enroulée autour de l'axe principal du plant en évitant le passage de celui-ci sous les fleurs.

Au stade adulte, la hauteur de la plante peut atteindre 2,50 m de haut. Les fruits produits seront déposés sur le sol après le couchage de la tige principale. Les fruits peuvent notamment être supportés en filets.Haut de page - Magasin bio en ligne

IX. Stress hydrique


On applique un stress chez la plante soit par une diminution progressive des apports d'eau (stress hydrique), soit par l'augmentation de l'EC (Conductivité électrique ou salinité) de la solution nutritive. Cette technique, au nom vulgaire, peut apparaître agressive mais possède plusieurs avantages:

Le stress juste après la plantation permet d'assurer un meilleur ancrage de la plante. Pendant la phase de début de nouaison des fruit, il stimule la fructification et la production des fruits. Enfin, trois semaines avant la récolte, le stress favorise l'augmentation du taux de sucre dans les fruits et contribue dans la diminution de l'épaississement de l'écorce de la pastèque.Haut de page - Magasin bio en ligne

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne