Flétrissement bactérien de la pomme de terre : Symptômes, dégâts et méthodes de lutte

Le flétrissement bactérien de la pomme de terre causé par Pseudomonas solanacearum ou Burkholderia solanacearum a été rapporté pour la première fois aux États Unis en 1896. Cette bactérie attaque des cultures ayant une grande importance économique (pomme de terre, tomate, poivron, aubergine, arachide, tabac, banane et gingembre), des plantes ornementales et plusieurs espèces de plantes aromatiques et médicinales.

Sur la pomme de terre, cette maladie bactérienne a été rencontrée dans la plupart des régions subtropicales et tropicales. Pseudomonas solanacearum a été notamment rapporté dans les régions à climat relativement froid. Il constitue, en effet, un handicap majeur pour la production de pomme de terre dans de nombreuses régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud.

SOMMAIRE

I. Symptômes du Pseudomonas solanacearum


Symptômes sur parties aériennes:

Les symptômes au niveau de la partie aérienne de cette bactérie se traduisent par un flétrissement, un rabougrissement et un jaunissement du feuillage. Ces symptômes peuvent apparaître à n'importe quel stade végétatif de la culture. Le flétrissement des feuilles et l'affaissement des tiges sont plus sévères chez les plantes jeunes.

Symptômes sur feuilles:

Les feuilles flétries sont d'abord de couleur vert pâle, puis deviennent brunâtres sans l'enroulement des parties marginales des folioles.

Symptômes sur tiges:

Au niveau des tiges des jeunes plantes, des stries noirâtres correspondant à l'infection du système vasculaire peuvent être observées à travers l'épiderme. Dans les conditions d'humidité relative élevée, un brunissement accompagné d'une pourriture des pétioles des feuilles peut être observé.

Symptômes sur tubercules:

Les tubercules issus des plantes malades peuvent montrer ou pas de symptômes externes. Quand la maladie est avancée, une décoloration brune grisâtre peut être visible à travers l'épiderme des tubercules. Une légère pression exercée sur une section d'un tubercule infecté entraînera la sortie d'un exsudat bactérien blanc grisâtre à partir de l'anneau vasculaire.

Au niveau des lenticelles et parfois à l’extrémité des stolons d'un tubercule sévèrement attaqué, un exsudat collant se forme causant ainsi l'attachement des particules du sol à la surface des tubercules. Cela ne se produit pas dans le cas de tubercules infectés par Clavibacter michiganensis subsp sepedonicus. Ce critère est utilisé, par les agronomes, comme moyen de distinction entre la pourriture annulaire et le flétrissement bactérien de la pomme de terre.Haut de page - Magasin bio en ligne

II. Agent causal du flétrissement bactérien de la pomme de terre


Trois souches de Pseudomonas solanacearum ont été distinguées selon la spécialisation pathogénique et certains critères biochimiques. La souche pathogène sur la banane n'est guère virulente sur la pomme de terre. Par contre les souches pathogènes sur la tomate et le tabac sont toujours virulentes sur la pomme de terre.

La température optimale de croissance pour la plupart des souches est de 30 à 32°C. Certaines souches originaires de la Colombie se développent mieux à des températures inférieures à 30°C. Les formes virulentes ou avirulentes peuvent être facilement différenciées sur le milieu peptone, caséine, glucose et agar contenant le chlorure 2,3,5 triphényltétrazolium. Les colonies des souches virulentes ont une forme irrégulière et sont blanchâtres avec un centre rose. Par contre, les colonies des souches avirulentes ont une forme uniformément circulaire et sont de couleur rouge foncé.Haut de page - Magasin bio en ligne

III. Épidémiologie du flétrissement bactérien


Les tubercules infectés constituent le facteur le plus important dans la distribution et la gravité de la maladie dans les pays tropicaux. La température joue un rôle très important dans la distribution géographique de Pseudomonas solanacearum. La maladie est rarement observée dans les zones où la température moyenne du sol est inférieure à 15°C. Le type de sol ne semble pas avoir un effet sur le développement du flétrissement bactérien de la pomme de terre.Haut de page - Magasin bio en ligne

IV. Méthodes de lutte biologique et culturale


L'utilisation des tubercules indemnes de Pseudomonas solanacearum est obligatoire pour la lutte contre le flétrissement bactérien de la pomme de terre. Certaines rotations culturales peuvent notamment réduire la gravité de la maladie. Il faut aussi réduire les populations des nématodes de la pomme de terre car ces derniers augmentent l'infection des tubercules par Pseudomonas solanacearum.

Des variétés de pomme de terre résistantes à Pseudomonas solanacearum ont été développées à partir de lignées résistantes de Solanum phyreja d'origine Colombienne. Malgré les problèmes rencontrés par les chercheurs à cause de la diversité des souches de Pseudomonas solanacearum, deux variétés résistantes (Caxamarca et Molinera) ont été employées au Pérou.

L'expression de la résistance est influencée par la température et l'humidité du sol, la lumière et la photopériode. Des températures élevées avec une intensité lumineuse faible augmentent la susceptibilité de la pomme de terre au flétrissement bactérien.

Il faut notamment mentionner que des études récentes ont mis en évidence certaines espèces de Pseudomonas fluorescents qui semblent être très utiles pour la lutte biologique contre Pseudomonas solanacearum.Haut de page - Magasin bio en ligne

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