Lutte culturale et biologique contre Bemisia tabaci

SOMMAIRE

I. Utilisation des filets insect-proof


Depuis les années 80, plusieurs types de barrières ont été conçues pour limiter l'introduction des différents ravageurs à l'intérieur des serres, mais très peu d'entre eux ont connu un succès commercial, le plus utilisé étant le filet insect-proof. Cette technique est considérée comme un élément de base dans un programme de lutte intégrée, elle permet de minimiser l'ampleur de la migration des aleurodes à l'intérieur de la serre. Des essais menés ont montré que le nombre d'adultes capturés sur pièges jaunes et le nombre de plants infectés par le TYLCV étaient significativement élevés en plein champ qu'en serre équipée de filet insect-proof.

tylcv tomateToutefois, l'utilisation des filets réduit significativement l'aération. Elle entraîne l'augmentation de la température et de l'humidité relative et favorise ainsi le développement des maladies cryptogamiques (Mildiou, Botrytis, Cladosporiose...), bactériennes (Bactériose) et physiologiques (avortement des fleurs).

Il existe dans le marché différents types de filet définis par la dimension de leur maille exprimée en mesh (Unité Anglo-saxonne pour désigner le diamètre d'une maille). Chaque type est choisi selon ses caractéristiques (longévité, réduction de l'air, couverture à la lumière, efficacité contre Bemisia tabaci...) et les conditions particulières de la serre (degré d'attaque, moyens, présence ou absence du virus...) dans laquelle il sera utilisé.

Crédit photo © starlene - flickr.com - TYLV sur tomate

Dans certains pays, le filet le plus utilisé est Econet T (50 mesh) qui permet d'empêcher l'introduction des aleurodes et des thrips, il entraîne, selon une étude, une réduction de l'aération de 47%.

aleurodes aleyrodidaeDans plusieurs pays Européens, de nombreux producteurs utilisent les filets 10x14, 10x20 (nombre de mailles dans chaque cm²). Quelques types de filets présumés efficaces pour l'exclusion des aleurodes sont commercialisés: le 8x5, le 16x10 et le 20x10, qui sont caractérisés par une couverture à la lumière respectivement de 20%, 28% et 36%.

À elle seule, l'utilisation de filets insect-proof ne peut pas exclure tous les aleurodes, ni les autres ravageurs, elle doit être complétée par d'autres mesures comme les dates de plantation et l'élimination des sources d'inoculum.

Crédit photo © gbohne - flickr.com - Aleurode adulte (Mouche blanche)Haut de page - Magasin bio en ligne

II. Choix de la date de plantation


Pour protéger les cultures d'une sévère attaque de B. tabaci et du TYLCV, il faut planter de manière à éviter les périodes de fortes chaleurs et le chevauchement des cultures. Cependant, afin de pouvoir produire dans de bonnes conditions climatiques, les plantations de tomate sont essentiellement estivales et sont généralement plantées à côté de cultures plus âgées de tomate de saison ou d'autres cultures (courgette, melon, haricot..).

Cette situation est très favorable à l'extension du TYLCV et au développement de Bemisia tabaci qui arrive à trouver durant la saison, voire toute l'année, des plantations nouvelles sur lesquelles vont s'installer plusieurs adultes à partir d'anciennes cultures.

Certains chercheurs ont proposé l'idée du vide sanitaire. Le principe consiste à casser le cycle de Bemisia tabaci durant une certaine période en la privant d'hôtes potentiels afin d'éviter sa pullulation. La méthode paraît malheureusement difficile à appliquer puisque l'espèce est polyphage, et nécessite une action global au niveau régional.Haut de page - Magasin bio en ligne

III. Élimination des sources d'inoculum


Elle est nécessaire pour réussir un programme de lutte intégrée. Les sources d'inoculum sont nombreuses et constituent un réservoir potentiel. B. tabaci colonise les mauvaises herbes, les plantes potagères, les plants d'ornement, les structures de la serre et elle peut être transportée par l'homme et par les outils de travail.

Le nettoyage de la serre et de ses abords doit être fait régulièrement durant tout le cycle de la culture avec une attention particulière pour le nettoyage des débris végétaux en fin de cycle, ceux-ci peuvent héberger les adultes et les larves d'aleurodes.Haut de page - Magasin bio en ligne

IV. Paillage plastique jaune


L'idée est d'attirer les adultes de B. tabaci par la couleur du paillage vers le bas où les températures leur sont létales. Cette technique permet de ralentir l'infestation des plantes par le TYLCV jusqu'à ce que les feuilles de tomate deviennent larges (1 à 2 mois après plantation) et couvrent le paillage.Haut de page - Magasin bio en ligne

V. Plastique absorbant les rayons ultra-violets (UV)


Ce plastique fût utilisé en Floride aux USA sur tomate. Il a été constaté que les captures de Bemisia tabaci sur plaques jaunes étaient significativement plus élevées dans une serre à plastique ordinaire que dans une autre à plastique absorbant les UV, où les attaques du TYLCV n'y dépassent par 1% contre 90% dans la première à filet ordinaire.

Le phénomène s'explique par le fait que Bemisia tabaci communique avec son environnement par des signaux lumineux identifiés par des photorécepteurs spéciaux qui font partie du système visuel de l'insecte. Sa vision est dirigée par ces signaux lumineux qui l'oriente vers la plante pour s'y installer.

Le plastique absorbant des rayons UV intervient sur le champs visuel de l'insecte et le désoriente, ce qui permet d'éviter le contact entre l'insecte et la culture. Cette méthode est de plus en plus utilisée, mais elle présente l'inconvénient d'intervenir sur d'autres insectes surtout les bourdons et les auxiliaires.Haut de page - Magasin bio en ligne

VI. Piégeage de masse


En raison de leur attractivité élevée, les pièges jaunes englués peuvent servir de moyen approprié pour éliminer une fraction de la population de B. tabaci en cas de forte densité d'attaque. Ces pièges jaunes peuvent être installés dans les entrées de la serre et entre les lignes de plantation pour capturer le maximum d'adultes. Le maximum de captures est enregistré entre 09 h et 13 h. Ils notent également que la température minimale permettant le vol des adultes est de 17°C.Haut de page - Magasin bio en ligne

VII. Utilisation des variétés résistantes


La résistance variétale est la plus souhaitée. Elle peut concerner le vecteur ou le virus. En ce qui concerne B. tabaci, la résistance peut revêtir des caractères morphologiques répulsifs comme la pilosité, ou manifester une réaction de nature chimique. L'approche la plus prometteuse serait la recherche d'une résistance au virus.

Deux types de résistance au TYLCV ont été décrit:

a. Très haute résistance trouvée sur Lycopersicon chilense, cette résistance est contrôlée par un seul gène avec une partielle dominance en addition avec des modifiants.

b. Différents degrés de tolérance trouvés chez Lycopersicon hirsutum, L. peruvianum et L. pimpinellifolium. TY10, TY15 et TY20 sont les premiers cultivars commercialisés, ils proviennent de L. peruvianum, la tolérance étant contrôlée par cinq gènes récessifs.Haut de page - Magasin bio en ligne

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne