Effets recherchés, indésirables et secondaires de l'héroïne

Effets positifs ou effets recherchés


Les effets induits par l'héroïne sont les mêmes que ceux provoqués par la morphine: elle a d'une part un effet antalgique puissant (niveau 3 de l'OMS) et d'autre part une action anxiolytique forte et antidépressive courte. L'intensité de ses effets diffère cependant de ceux de la morphine: la capacité analgésique de l'héroïne est, pour une dose identique, au moins deux fois celle de la morphine.

L'héroïne a une action psycho-active puissante (modification de l'humeur et du comportement), particulièrement rapide lorsqu'elle est injectée par voie intraveineuse. Elle induit des effets euphorisants et anesthésiants majeurs.

Ces effets ont été largement rapportés sous le terme de flash, ajoutant au mythe du junkie par voie veineuse et à sa recherche de nouveaux paradis artificiels. Le plus souvent, ce changement d'état, de grande amplitude, est qualitativement exprimé en termes d'orgasme généralisé, de plus grande durée et plus grande douceur que l'orgasme sexuel.

La plus douce des drogues dures


Tout comme après la jouissance sexuelle masculine, l'afflux exogène d'endorphines-like entraîne un état de bien-être au ralenti, de détachement de l'existence et d'autosuffisance. L'ivresse opiacée est un état particulier qui comble l'individu usager: Le monde entier peut s'écrouler autour de soi, ce n'est pas un problème. Cette toute puissance, y compris par rapport à l'angoisse de mort, a fait évoquer la tranquillité du nouveau-né dans les bras de sa mère ; maman héroïne est alors, au début, la plus puissante et la plus douce des drogues dures pour ses effets.

Si l'action de l'héroïne est rapide, ses effets sont courts: trois heures en moyenne. Après la béatitude, la descente commence et le rapport à la réalité s'impose à nouveau. Ce n'est qu'après plusieurs jours ou plusieurs semaines de prise d'héroïne que le manque apparaît et impose à l'organisme la nécessité d'une autre prise pour ne pas le subir, pour ne pas être mal.

Effets indésirables


Lors des premiers usages, l'héroïne provoque des effets digestifs (nausées et vomissements) comme la très grande majorité des opiacés. Ces effets secondaires immédiats disparaissent au bout de quelques prises consécutives. Ils réapparaissent après un sevrage en cas de nouvelles prises. Un prurit généralisé (démangeaisons sur tout le corps), une hypothermie (diminution de la température corporelle), un myosis (la pupille se contracte en forme de tête d'épingle), des paupières lourdes comme du plomb et une diminution de la fréquence respiratoire avec risques d'apnées (pauses respiratoires) en cas de surdosage sont les signes d'imprégnation opiacée les plus fréquemment retrouvés.

L'héroïne perturbe le rythme alimentaire (diminution de l'appétit, constipation chronique) et le rythme de vie du consommateur, notamment la qualité du sommeil paradoxal (le rêve). L'héroïnomane a une période d'endormissement souvent très onirique (riche en rêves), mais son sommeil profond se perturbe au fil des prises et perd en qualité de récupération. Classiquement, l'héroïne perturbe les capacités de réflexion, de mémorisation et de concentration.

La perte d'intérêt et l'absence de communication sont dites fréquentes chez les usagers chroniques d'héroïne. La clinique rapporte cependant des conduites dopantes avec ce produit: son effet anxiolytique et antidépresseur permettrait chez certains individus une désinhibition, une facilité d'acceptation de l'altérité qui les aident initialement dans leur vie professionnelle ou dans leur vie privée.

Les effets sur la sexualité sont plus complexes que ceux souvent caricaturés dans la littérature: s'il est vrai que des usages chroniques diminuent la libido et l'érection chez l'homme, les usages initiaux, diminuant l'excitation, retardent ou annulent l'éjaculation. De nombreux adolescents finissent par rapporter l'effet bénéfique de l'héroïne sur leur crainte de la sexualité et sur les symptômes associés dont l'éjaculation précoce.

Dangerosités et effets secondaires graves


Une dangerosité immédiate et continue dans la trajectoire de l'héroïnomane est la mort brutale par overdose (le plus souvent par coma, dépression respiratoire et œdème pulmonaire).

Les risques de surdosage sont maximaux en cas d'utilisation de la voie veineuse, de changement de quantité de produit actif (héroïne coupée à 40 % chez un usager d'héroïne coupée habituellement à 4 %, par exemple), en cas de rechute après des périodes de sevrage volontaire ou pas (hospitalisation, incarcération) et en cas d'association avec des produits dépresseurs respiratoires (benzodiazépines, antidépresseurs ou neuroleptiques, alcool, cannabis à fortes doses).

L'overdose est une urgence et engage le pronostic vital: En Suisse, des séances de prévention et de secourisme ont été proposées aux usagers d'héroïne avec engagement de la part des autorités répressives de dresser une simple contravention (sans autre forme de poursuite) aux usagers qui aideraient un de leurs partenaires faisant une surdose. Cette voie de prévention-action, toute récente, n'est pas encore évaluée mais elle semble déjà éthiquement préférable aux conséquences des répressions fortes qui favorisent les situations de non-assistance à personne en danger.

Les traitements de substitution diminuent les overdoses: Enfin, et surtout, les traitements de substitutions, par le lien sanitaire qu'ils favorisent et par l'occupation permanente des récepteurs opiacés qu'ils entraînent, sont un excellent moyen de prévention des overdoses: depuis leur instauration en France, le nombre d'overdoses a chuté de 80 % alors qu'il n'avait fait qu'augmenter de 1969 à 1995 quand présidaient les philosophies du sevrage et de l'abstinence sans aide pharmacologique. Une autre conséquence des usages chroniques est la diminution de la perception du risque. Elle expose aussi bien aux accidents de la voie publique (la population des usagers de drogues est une des populations jeunes à plus fort taux de prothèse de hanches) qu'aux complications somatiques et psychiques des rixes et violences, parfois avec séquelles esthétiques irréversibles.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne

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