Apnée du sommeil: Qu'est-ce que c'est? quels sont les signes? et d'où cela vient-il?

Le syndrome d'apnées du sommeil (SAS) est défini par la succession d'interruptions totales de la respiration (apnées), associées ou non à des diminutions de 50 % du niveau de respiration pendant le sommeil (hypopnées). C'est une maladie fréquente, survenant essentiellement chez des ronfleurs.

En présentant l'histoire de M. Pickwick, un homme obèse et tellement somnolent qu'il s'endormait en frappant à une porte, Charles Dickens ignorait qu'il décrivait pour la première fois ce que l'on appelle depuis Syndrome de Pickwick, et qui a permis de découvrir le syndrome d'apnées du sommeil. Le perfectionnement des outils médicaux et, en particulier, le développement de l'informatique en médecine a considérablement fait évoluer l'étude de ce syndrome. Les événements respiratoires ne survenant que durant le sommeil, il faut recueillir durant une nuit des informations concernant la respiration (pour visualiser les apnées), le sommeil et l'oxygénation du sang.

Qu'est-ce que c'est ?


Le syndrome d'apnées du sommeil (SAS) se définit par une succession d'événements respiratoires anormaux durant le sommeil, perturbant l'architecture du sommeil et le rendant peu réparateur. Ces événements peuvent être de plusieurs types:

a. apnées: interruptions totales de la respiration d'au moins 10 secondes. Elles peuvent être obstructives par blocage complet des voies aériennes supérieures, le thorax et l'abdomen continuant à lutter contre cet engorgement, ou centrales par arrêt de la commande respiratoire, avec disparition des mouvements thoraciques et abdominaux. Parfois, les deux phénomènes peuvent survenir en même temps: on parle alors d'apnées mixtes.

b. hypopnées: réduction de moitié du volume respiratoire. Chaque apnée ou hypopnée s'arrête par un retour en éveil, généralement inconscient, que l'on nomme micro-éveil. Il s'ensuit une fragmentation du sommeil qui devient moins réparateur, et une disparition fréquente du sommeil profond (le plus reposant). Les autres conséquences de ces événements respiratoires sont:

1. une chute de l'oxygénation du sang (on parle de désaturations nocturnes).

2. un ralentissement du rythme cardiaque durant l'apnée avec accélération du rythme à la fin de l'apnée (bradycardie puis tachycardie).

3. des phénomènes d'hyperpression abdominale liée aux mouvements de lutte du thorax et de l'abdomen, dont les mouvements respiratoires persistent malgré l'obstruction des voies aériennes.

4. des poussées de tension artérielle pulmonaire et systémique.

Pour parler de syndrome d'apnées du sommeil, il faut comptabiliser plus de 10 apnées de plus de 10 secondes par heure de sommeil (on parle d'index d'apnées, qui doit être supérieur à 10) ou plus de 15 apnées et hypopnées par heure de sommeil. Nous faisons tous des apnées en dormant. Elles sont généralement brèves, peu nombreuses et sans conséquence. C'est donc la répétition anormalement fréquente d'apnées ou d'hypopnées qui devient pathologique.

On admet que 1 à 10 % de la population souffre de SAS. Mais il est difficile de le savoir avec certitude, du fait de la difficulté de réaliser des études épidémiologiques.

Les signes les plus fréquents du syndrome d'apnées du sommeil


Les signes diurnes:

1. somnolence excessive.

2. asthénie dès le réveil, avec impression d'un sommeil peu reposant.

3. céphalées matinales.

4. pertes de mémoire.

5. difficultés de concentration.

6. changement de caractère, agressivité.

7. troubles de la libido, impuissance...

Les signes nocturnes:

1. sommeil agité.

2. ronflements nocturnes souvent très sonores avec impression de pauses respiratoires par le (la) conjoint(e), généralement accompagnées d'une reprise bruyante de la respiration.

3. sueurs abondantes.

4. mictions nocturnes et parfois somnambulisme.

5. cauchemars ou somniloquie (parler en dormant).

Un simple interrogatoire peut faire suspecter un syndrome d'apnées du sommeil, mais celui-ci ne pourra être affirmé que par un enregistrement nocturne des paramètres neurologiques (permettant la quantification du sommeil) et respiratoires mettant en évidence une interruption ou une diminution du flux aérien au nez et à la bouche. Au-delà d'un indice d'apnées/hypopnées à 30/h, le syndrome d'apnées du sommeil est considéré comme suffisamment sévère pour justifier une prise en charge par une ventilation par pression positive continue (PCC) qui, en empêchant la survenue des ronflements et des apnées, permettra de restaurer un sommeil de meilleure qualité.

D'où cela vient-il ?


L'arrêt de la respiration est lié à une fermeture anatomique des voies aériennes supérieures par un phénomène de ventouse qui empêche l'air de passer. Seule une petite réaction d'éveil permettra aux voies aériennes de s'ouvrir à nouveau.

L'apnée est un phénomène mécanique. L'inspiration (appel d'air dans les poumons) se fait par la contraction du diaphragme qui entraîne une dépression dans les voies aériennes supérieures. Il existe, au niveau du voile du palais, en arrière de la base de la langue et au niveau de l'épiglotte, des zones de rétrécissements naturels qui s'aggravent durant le sommeil (relâchement des muscles, bascule de la langue...) obligeant à des efforts inspiratoires plus importants. Le tonus des muscles dilatateurs du pharynx est diminué lors des phases de sommeils (surtout la phase 2 et le sommeil paradoxal) favorisant l'obstruction. Cette augmentation du frein inspiratoire va conduire à l'apnée. Cet arrêt total de la respiration va avoir pour conséquence une chute de l'oxygénation sanguine, un ralentissement du rythme cardiaque et va aboutir à une réaction d'éveil généralement inconsciente (micro-éveil). Ce bref retour à l'éveil fait réapparaître un tonus musculaire suffisant pour retendre les muscles dilatateurs du pharynx et permettre à nouveau un passage normal de l'air dans les poumons.

Ces phénomènes peuvent se manifester plusieurs centaines de fois pendant une seule nuit ! et plusieurs dizaines de fois par heure de sommeil. La succession d'apnées devient pathologique dès leur apparition 10 fois par heure de sommeil. On parle d'un index d'apnées > 10. Ces phénomènes sont généralement plus fréquents chez les hommes de plus de 40 ans, surtout lorsqu'il existe une surcharge pondérale.

Dans certains cas, une cause locale peut être retrouvée:

1. de grosses amygdales, pouvant en particulier expliquer la majorité des cas de syndrome d'apnées du sommeil chez l'enfant. Il s'agit d'une situation facile à prendre en charge car l'ablation des amygdales permet instantanément le retour à une respiration nocturne normale.

2. les tumeurs ORL, tout comme les grosses amygdales, entraînent un rétrécissement du calibre des voies aériennes supérieures et favorisent l'apparition d'apnées nocturnes.

3. certaines maladies endocriniennes (acromégalie, hypothyroïdie...) s'accompagnent fréquemment de syndrome d'apnées du sommeil.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne

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