ESPT: manifestations et guérison

Les manifestations du syndrome de stress post-traumatique sont regroupées en quatre grandes catégories: l'individu revit à nouveau l'événement traumatique ; il cherche à éviter tout ce qui pourrait rappeler le traumatisme ; il affiche une baisse générale de réactivité ; il fait preuve d'une hyperactivité neurovégétative.

La prise en charge du syndrome post-traumatique peut intervenir de manière préventive pour les professions à risque (convoyeurs de fonds par exemple) jusqu'à plusieurs mois après la manifestation des premiers symptômes. De façon générale, plus la personne aura pu verbaliser ses émotions au plus près de l'événement, plus elle a de chances de réduire les risques de séquelles.

Répondre à un événement hors du commun


Le syndrome de stress post-traumatique est un ensemble de symptômes qui se manifestent à la suite d'un choc émotionnel intense, hors du commun, pour lequel la plupart des individus éprouveraient une peur intense s'ils y étaient confrontés. Il n'est retenu que si les symptômes persistent plus d'un mois.

Le syndrome apparaît après un événement exceptionnel, psychologiquement traumatisant, qui met en jeu l'intégrité physique et/ou psychologique, voire la vie même de l'individu ou de ses proches. N'en relèvent pas ce que l'on peut considérer comme des expériences communes telles qu'un deuil, une maladie chronique, de mauvaises affaires ou des conflits conjugaux.

Attentats meurtriers, prises d'otage, guerres, accidents d'avions ou de la circulation, viols et agressions, mais aussi catastrophes naturelles détruisant le lieu de vie... tout ce qui dans l'événement est de l'ordre de l'imprévisible, du non maîtrisable et surtout dont la brutalité sature les défenses de l'individu, augmente les possibilités de développer un syndrome de stress post traumatique.

Le stress, une arme pour la vie:

Le stress est avant tout une composante naturelle de notre organisme qui permet de focaliser notre attention, de mobiliser notre énergie et de nous inciter à agir. Mais parfois, cette réaction de défense est mobilisée de façon trop importante, trop vite et/ou trop longtemps. L'individu jette toutes ses ressources dans son effort d'adaptation à la situation sans y parvenir efficacement. Il peut au contraire dans l'urgence prendre une mauvaise décision ou se retrouver en incapacité de décider de quoi que ce soit, dans une situation qui ne comporte pas de points de repères suffisants par rapport à son cadre de vie habituel.

La responsabilité humaine, premier facteur de risque:

On a pu observer que le syndrome, qui touche aussi bien l'individu concerné que ses proches, était d'autant plus développé que les causes du traumatisme étaient imputables à l'homme. Si les catastrophes naturelles renvoient à un certain fatalisme, resituant l'homme dans un monde qui le dépasse, les responsabilités humaines d'actes parfois innommables, parfois simplement inconséquents, référent plutôt à une certaine vacuité de la vie.

Les autres causes:

Le syndrome est également d'autant plus fréquent que l'événement s'est traduit par une atteinte physique concernant particulièrement le système nerveux central.

Par contre, l'âge, le sexe, le milieu socioprofessionnel ou le niveau d'instruction ne semblent pas avoir d'influence sur la survenue de ce syndrome. Quant à l'éventuelle prédisposition de certaines personnes, elle ne semble pas jouer dans le cas de stress très intenses, ceux qu'il est impossible d'intégrer directement à son expérience personnelle. Mais pour des stress moins importants, certaines personnalités sont probablement plus exposées, qu'elles soient plus anxieuses ou dépressives ou qu'elles présentent des difficultés à exprimer ou verbaliser leurs émotions.

Quoiqu'il en soit, le syndrome ne se manifeste pas de façon systématique: ainsi, par exemple, après une catastrophe aérienne seuls 30 à 40 % des survivants présentent un syndrome de stress post-traumatique.

Les manifestations du Stress post-traumatique


Revivre l'événement:

À tout moment, la personne a la sensation de revivre tout ou partie de l'événement traumatisant, parfois aussi des circonstances qui l'ont déclenché. Cette sensation est vécue comme un rêve éveillé, une absence de sa vie quotidienne...

Elle peut également ressentir une réelle détresse dès lors qu'il s'agit de quelque chose qui peut rappeler le moment traumatisant: les conditions dans lesquelles il s'est produit, l'environnement du moment, ou encore la date anniversaire.

Éviter ce qui rappelle le traumatisme:

Dès lors, la personne va tenter d'éviter tout ce qui pourrait lui rappeler le traumatisme, que ce soit les activités ou les situations correspondant à l'accident, mais aussi les pensées ou les sentiments qui pourraient y être associés.

Une baisse de la réactivité générale:

Pour tenter de se protéger de toute autre situation traumatisante, la personne peut alors se construire un monde intérieur, réduire ses contacts avec l'extérieur, éviter au maximum d'afficher tout signe de fragilité.

Il en découle une série de symptômes de gravité variable:

a. une amnésie d'origine psychique se traduisant par une incapacité de se souvenir de certaines composantes de l'événement, habituellement les plus importantes.

b. une régression, en particulier chez les enfants, avec perte des acquisitions les plus récentes comme celle du langage ou de la propreté au lit. Chez les adultes, il pourrait y avoir une amnésie plus complète.

c. un isolement par rapport à l'environnement, notamment affectif. Il s'exprime par une difficulté à éprouver des sentiments, tendres en particulier, face aux proches voire même à les considérer comme des étrangers.

d. enfin, un refus de faire des projets, de voir l'avenir. Ces deux derniers symptômes compliquent évidemment la prise en charge par les proches qui est pourtant essentielle.

L'hyperactivité neurovégétative:

Ces termes compliqués regroupent en fait une série de symptômes liés à une plus grande excitabilité du système nerveux neurovégétatif. On y retrouve en particulier:

a. Des troubles du sommeil avec plutôt des difficultés à l'endormissement et des réveils fréquents, plus ou moins liés à des cauchemars.

b. Une irritabilité plus forte avec des colères.

c. Des difficultés de concentration.

d. Une méfiance et une vigilance accentuées.

e. Des réactions diverses faites à la fois de sursauts, de réactions psychologiques à tout ce qui sort du quotidien et qui pourrait rappeler de près ou de loin le traumatisme.

Comment en sortir ?


Lorsqu'une personne subit un événement traumatisant, il est essentiel de lui apporter une aide psychologique le plus tôt possible. Même si les personnes exposées ne réagiront pas toutes par un syndrome de stress post traumatique (ce diagnostic n'est retenu que si les symptômes perdurent plus d'un mois ESPT), leur prise en charge précoce peut encore réduire leurs chances d'y être sujettes. La prise en charge psychologique est ainsi considérée comme une véritable urgence thérapeutique.

Et ce d'autant plus que les difficultés que rencontrent les personnes traumatisées sont trop souvent sous-estimées par leur environnement, notamment parce qu'elles sont fréquemment cachées que ce soit par pudeur ou par impossibilité d'en parler. La prise en charge doit donc être importante et s'inscrire dans le temps.

Des cellules de crises:

La première action consiste à mettre en place des cellules de crises à disposition des traumatisés, qu'il s'agisse des personnes directement en cause ou de leurs familles. Composées de psychiatres, de psychologues et de professionnels de santé, ces cellules ont une double action:

a. Prendre en charge les gestes dits d'urgence avec éventuellement la prescription de certains médicaments sédatifs et tranquillisants.

b. Permettre de verbaliser dès que possible le traumatisme subi et de tenter de l'intégrer à ses expériences personnelles et sa personnalité.

Plus tard, la prise en charge reste d'autant plus essentielle que les signes du syndrome de stress post-traumatique sont importants. Elle prendra la forme d'une thérapie comportementale, qui consiste à mettre l'individu dans des situations de plus en plus proches de celles qui ont déclenché le stress et de l'aider à traduire et à verbaliser, ou encore d'une thérapie de groupe où ceux qui ont subi ce type d'agression peuvent échanger entre eux et parler de leurs expériences. Des consultations spécialisées ont ainsi été mises en place, par exemple pour les victimes d'attentats ou d'anciens otages.

La prévention:

La prévention est un dernier axe de traitement. Elle concerne essentiellement ceux qui sont potentiellement exposés à certains de ces traumatismes, comme par exemple les convoyeurs de fonds par les attaques à main armée. La prévention, qui consiste à évoquer, voire à apprendre à réagir à ce type de situations, semble permettre de mieux maîtriser les problèmes secondaires à un stress majeur mais en aucun cas de les éliminer.

D'autant plus que le syndrome ne se manifeste pas de façon prévisible. Une personne peut très bien encaisser sans séquelle un choc émotionnel grave, mais craquer plus tard, pour un même événement d'intensité égale.

Références bibliographiques de la boutique bio en ligne

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