La dépendance, tolérance, l'état de manque et les traitements contre l'héroïne

L'administration régulière d'héroïne entraîne un phénomène de tolérance: le sujet a besoin d'augmenter les doses pour ressentir les mêmes effets. Cette augmentation n'est cependant pas une règle absolue et dépend de plusieurs cofacteurs au premier rang desquels figurent la sensibilité (génétique) des récepteurs aux opioïdes et l'environnement dans lequel se trouve l'usager (stress, conflits, psychopathie familiale ou professionnelle).

SOMMAIRE

I. Dépendance et tolérance


En général, l'indice addictogène (de dépendance) de l'héroïne est élevé: la pharmacodépendance s'installe rapidement. Environ 60 % des sujets qui ont usé de l'héroïne trois fois de suite auront le besoin de pérenniser l'usage afin de retrouver les plaisirs initiaux, lutter contre le manque (dû à l'absence du produit et au tarissement des sécrétions endogènes) et maintenir un bien-être minimal.

Du point de vue psychique, la dépendance se manifeste par un comportement compulsif de recherche du produit et de ses effets apaisants ou euphorisants. Si l'usage ou l'abus ponctuel semblent surtout secondaires à des circonstances environnementales (vulnérabilité sociologique), le passage de l'usage (ou de l'abus) à la dépendance semble favorisé par des facteurs essentiellement génétiques (vulnérabilité génétique), bien que tous s'accordent à lire les comportements de dépendance sous l'éclairage de plusieurs facteurs.

Les opiacés activent le système de récompense et entraînent une sensation de satisfaction, de plaisir. Dès lors, le sujet est tenté de renouveler cette sensation inscrite à tout jamais dans sa mémoire du plaisir. Mais les effets du produit, vécus dans un premier temps comme plaisants, vont être dépassés par des conséquences négatives liées à l'usage prolongé.haut page magasin bio ligne

II. L'état de manque


Lors de l'arrêt brutal de la consommation d'héroïne, un syndrome de sevrage (ou état de manque) survient. Les signes caractéristiques du sevrage d'opiacés sont: le bâillement, la rhinorrhée, le larmoiement, les impatiences des membres inférieurs (syndrome des jambes sans repos) puis des crampes musculaires, les lombalgies et les douleurs abdominales, les frissons, des sueurs abondantes ou des sensations de chaud et de froid, une mydriase bilatérale, puis des diarrhées.

L'anxiété, avec ou sans la présence d'une certaine agitation psychomotrice, les troubles relationnels variés, les déambulations persistantes ou la prostration complètent le tableau de l'état de manque aigu d'une durée variable de 5 à 8 jours pour l'héroïne.

Le syndrome de manque apparaît 8 à 12 heures après la dernière prise et se révèle par la triade larmoiement, bâillement et reniflement ; il atteint son acmé à la 36-48e heure.haut page magasin bio ligne

III. Les syndromes déficitaires


À distance du sevrage (3e, 6e semaine), on note ce que P. Deniker a nommé syndromes déficitaires: l'usager sevré est apathique, prostré, sans envie ni motivation. Ces états dépressifs aigus soulignent la difficulté chez de nombreux individus de pouvoir retrouver une qualité de vie satisfaisante sans traitement de substitution opiacé.

Le taux de rechutes après sevrage (94 % à 6 mois dans une étude parisienne d'A. Boissonnas en 1996) incite à considérer le traitement de l'héroïnomanie sous l'angle de la chronicité et de la déplétion (réduction) durable de neuromédiateurs.haut page magasin bio ligne

IV. Un traitement de substitution à vie


Le modèle thérapeutique n'est plus alors celui de l'intoxication au plomb ou au mercure, qui supposait l'arrêt du toxique comme seule thérapie biologique, mais plutôt, aujourd'hui, le modèle de la déplétion dopaminergique de la maladie de Parkinson qui nécessite un traitement de substitution quotidien et à vie. Il apparaît aussi inefficace de demander à un héroïnomane de faire appel à sa seule volonté pour se sevrer qu'à un parkinsonien de se contrôler pour arrêter de trembler !haut page magasin bio ligne

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