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Psylle de l'olivier, Euphyllura olivina: Développement, symptômes et lutte

La psylle de l'olivier est un homoptère inféodé à la culture des oliviers. Elle provoque sur les jeunes pousses, dans les inflorescences et sur les feuilles de l'olivier, l'apparition de flocons blancs gluants caractéristiques. En soufflant sur ses flocons, on aperçoit de petits insectes mesurant entre 1 et 3 mm de longueur.

Cycle biologique de la psylle de l'olivier


Nom scientifique de l'insecte: Euphyllura olivina (Costa) - Ordre: Homoptères - Famille entomologique: Psyllidae.

Secrétions cireuses de larves d'Euphyllura olivina sur des fleurs d'olivier

Crédit photo: © 11299883 - flickr.com - Euphyllura olivina (Secrétions cireuses de larves sur des fleurs d'olivier)

La psylle de l'olivier, Euphyllura olivina, est un insecte qui absorbe la sève des branches de ses arbres hôtes. Ses larves secrètent des flocons blancs caractéristiques.

Les adultes de la psylle de l'olivier sont difficilement observables du fait de leur petite taille (environ 2,5 à 3 mm de long). Au repos, leurs ailes sont repliées en forme de toit. Ce sont aussi des insectes discrets qui n'attirent pas l'attention en ne formant pas de flocons. Lorsqu'ils sont dérangés, ils se cachent derrière le rameau et ce n'est que lorsqu'ils sont vraiment molestés qu'ils essaient de se sauver.

La tête de l'adulte d'Euphyllura olivina est large, brunâtre, tout comme le pronotum. L'abdomen a une teinte brun verdâtre. Les ailes sont blanchâtres et transparentes. Sur les antérieures, on observe la présence de quelques petits points jaunes éparpillés.

Adulte Euphyllura olivina

Crédit photo: © agrologica.es - Euphyllura olivina (insecte adulte)

Durant la saison hivernale, lorsque les températures moyennes ne dépassent pas les 12°C, la psylle de l'olivier entre en diapause et se tient immobile. Elle est, alors, à peine perceptible dans les branches, ou bien s'embusque dans les entrailles de l'écorce de l'arbre.

Dès que le temps se réchauffe un peu et que les températures moyennes remontent (supérieures à 13°C), notre insecte commence la ponte des œufs. L'opération se déroule, en règle générale, au cours du mois de mars, lorsque les oliviers débutent à débourrer. Le dépôt des œufs peut parfois s'étendre sur 45 jours.

Dans des conditions climatiques favorables, la femelle de la psylle de l'olivier peut pondre jusqu'à 120 œufs. Ceux-ci sont, au départ, de couleur jaune clair, devenant plus tard jaune orangé. On les distingue facilement grâce à leur forme pointue vers la partie postérieure. À la partie antérieure, légèrement sur le côté, on remarque la présence d'une petite tige fixant l'œuf au support.

La femelle de la psylle choisit soigneusement les endroits destinés à la ponte. Ses œufs sont, en effet, dissimulés sous les écailles des bourgeons et sur la face inférieure des jeunes feuilles d'olivier, ou encore aux extrémités des pousses. La durée d'incubation baisse avec la montée des températures. En début de la saison printanière, elle est estimée à une bonne dizaine de jours.

Les larves de la psylle de l'olivier se développent en 5 stades larvaires qui peuvent être différenciés, à l'aide d'une loupe binoculaire, par le nombre de segments antennaires. Ces derniers sont respectivement de l'ordre de 2, 3, 4, 6 et 8 articles. Au début, elles sont aptères, de coulure jaune orangé et mesurent 0,3 mm de longueur. Au fur et mesure de l'avancement de leur cycle de développement, elles prennent une coloration brunâtre, puis verdâtre et les ailes commencent petit à petit à prendre forme.

La sécrétion cireuse des jeunes larves d'Euphyllura olivina est à peine visible. Ce ne sont, par ailleurs, que pendant les derniers stades larvaires que les flocons blancs, contenant souvent des gouttes douceâtres et gluantes, deviennent réellement perceptibles et importants.

Les larves de la psylle de l'olivier sont généralement immobiles. Elles se regroupent en colonies de plusieurs individus et se nourrissent de la sève des arbres à l'aide de leur rostre. Leur cycle complet de développement (du 1er stade larvaire jusqu'au stade adulte) est estimé à environ 30 jours.

Du fait que le dépôt des œufs est généralement dispersé, le développement de ces insectes se réalise aussi bien dans les inflorescences encore closes que pendant la floraison. C'est seulement vers la fin du stade végétatif de floraison, que la plupart des larves de la psylles de l'olivier seront des adules.

Une possible deuxième génération printanière:

Si les températures diurnes sont élevées, accompagnées d'une forte humidité atmosphérique relative, une nouvelle ponte des œufs peut éventuellement avoir lieu. Celle-ci ne peut s'arrêter que lorsque les températures moyennes atteignent environ 20°C (température maximale pendant la journée 25°C, minimale nocturne 15°C).

Dans ce cas de figure, les œufs de la psylle d'olivier sont déposés entre le calice et les pétales de la fleur. Du fait des bonne températures relativement élevées, cette deuxième génération se développe vite. En effet, en 20 jours environs, les larves accomplissent leur cycle de développement (il faut 30 jours pour la première génération).

Des températures chaudes (supérieures à 30°C), associées à des vents secs, peuvent néanmoins anéantir d'une manière brève (une journée) et totale la quasi totalité de la génération. Les œufs et les jeunes larves étant essentiellement sensibles.

Les psylles de l'olivier issues de cette génération exceptionnelle sont, le plus souvent, des proies faciles à de nombreux prédateurs naturels. Elles sont très souvent décimées par d'autres insectes, comme les punaises et les larves de syrphes. Elles peuvent être notamment parasitées par des ichneumons.

Pendant l'été, l'adulte d'Euphyllura olivina passe la majorité de son temps sur les olives. Ce n'est que vers le début de l'automne que recommence le début du cycle biologique, avec une nouvelle ponte des œufs. Les femelles de la psylle de l'olivier peuvent, en effet, débuter à déposer les œufs, mais souvent des températures non favorables, généralement trop basses, ne permettent plus le développement des larves.

Méthodes de lutte biologique contre la psylle de l'olivier


Avant d'entamer toute intervention contre la psylle de l'olivier, il est fortement conseillé de s'assurer que son seuil de nuisibilité est atteint. Ce dernier est, en effet, situé autour de 30% d'inflorescences attaquées (ne seront retenues attaquées que les inflorescences contenant des larves) avec une densité larvaire de 5 individus par grappe. Au dessus des ces limites, tout traitement est franchement inutile.

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